17-05-10
Par Raphaël Elmaleh, Président des Journées européennes de la culture et du patrimoine juifs – France
Il y a peu, j’ai participé à une réunion sur les itinéraires culturels juifs organisée par le Conseil européen des communautés juives à Berlin. Dans cette ville à la fois hyper-moderne et où tout parle du passé, impossible de ne pas penser au singulier destin de l’Europe et, spécialement, au destin des juifs en Europe.
Après s’être suicidée au cours de deux guerres mondiales, l’Europe s’est reconstruite et unifiée. C’est, malgré tout, un espace de paix, de prospérité et de solidarité.
Les juifs ont eu leur part dans cette histoire. Le suicide européen les a conduits au bord de l’anéantissement – ce que rappelle le Mémorial de l’Holocauste de Berlin. Quant à la construction européenne, ils y ont contribué, ainsi Pierre Uri ou Etienne Hirsch.
Depuis plus de deux millénaires, l’Europe est le lieu où nous avons le plus vécu, et auquel nous avons le plus apporté par notre travail et notre imagination. Les itinéraires culturels juifs témoignent non seulement des migrations de nos ancêtres sur le continent, mais surtout de leur enracinement sur toute son étendue. Nous sommes, en un sens, les premiers Européens.
Aujourd’hui, le judaïsme européen (re)vit, différent, après avoir survécu. Cette renaissance doit nous apprendre à apprécier cette Europe qui a fait de nous ce que nous sommes. Sur son présent et son devenir, nous avons quelque chose à dire et comme juif et comme Européen. Enfin nous, juifs européens, avons aussi à nous exprimer sur l’avenir du judaïsme et, peut-être, à apporter à Israël, autre création de juifs venus d’Europe.